
Comment prévenir les douleurs des membres supérieurs au travail ?
Après plusieurs heures devant un écran, je ne cherche pas une posture parfaite. Je préfère remettre régulièrement du mouvement dans les poignets, les épaules et la colonne.
Le stress au travail est devenu courant, parfois même banalisé. Pourtant, ses effets sur notre quotidien sont bien réels : tensions musculaires, fatigue, irritabilité, difficultés à se concentrer… et très souvent une respiration qui change sans même que nous nous en rendions compte.
Lorsque la pression monte, le souffle a tendance à devenir plus court, plus rapide et parfois plus haut dans la poitrine. C’est justement par là que je vous propose de commencer. Pas en cherchant immédiatement à « supprimer » le stress, mais en observant d’abord comment votre corps y répond.
Dans le yoga, le travail autour de la respiration fait partie du pranayama. Il regroupe différentes techniques permettant de porter volontairement son attention sur le souffle et d’en modifier progressivement le rythme. Ce que j’aime particulièrement avec la respiration, c’est qu’elle ne demande presque rien : pas de tapis, pas de tenue particulière et très peu d’espace. Vous pouvez la pratiquer assis à votre bureau, avant une réunion ou simplement pendant quelques minutes entre deux tâches.
Lorsque nous sommes confrontés à une situation stressante, notre organisme s’adapte. Le rythme cardiaque peut augmenter, les muscles se mettre davantage en tension et la respiration devenir plus rapide. C’est une réaction normale. Le problème n’est donc pas de ressentir ponctuellement du stress.
Ce qui m’intéresse davantage, c’est ce qui se passe lorsque nous restons dans ce rythme pendant plusieurs heures : une réunion après l’autre, des notifications permanentes, une échéance qui approche, plusieurs tâches ouvertes en même temps… parfois sans véritable pause. À force, nous pouvons finir par ne plus remarquer à quel point le corps reste en tension. C’est là que la respiration devient un outil particulièrement intéressant. Nous ne pouvons pas toujours changer immédiatement ce qui crée la pression. En revanche, nous pouvons porter notre attention sur notre souffle et commencer à en modifier volontairement le rythme.
Et contrairement à une idée assez répandue, je ne cherche pas forcément à vous faire respirer le plus profondément possible. Je préfère une respiration plus calme, plus régulière et surtout confortable. Respirer davantage n’est pas nécessairement respirer mieux. Si vous prenez une immense inspiration en levant les épaules et en créant encore plus de tension, vous passez probablement à côté de ce que nous cherchons. L’objectif est plutôt de retrouver progressivement un souffle que vous pouvez laisser circuler sans effort.
L’intérêt des exercices respiratoires sur le stress ne repose pas uniquement sur une sensation de détente. Une méta-analyse publiée en 2023 dans Scientific Reports a étudié les résultats de 12 essais contrôlés randomisés, représentant 785 participants adultes.
Les chercheurs ont observé que les interventions basées sur le contrôle volontaire de la respiration étaient associées à une diminution du stress ressenti par rapport aux groupes contrôle. L’effet observé était faible à modéré et les auteurs soulignent eux-mêmes la nécessité de rester prudents dans l’interprétation des résultats. Cette nuance est importante.
Je ne considère pas la respiration comme un interrupteur qui permettrait de faire disparaître le stress en quelques secondes. Je la considère comme un outil de régulation que l’on peut apprendre à utiliser. Et comme pour une posture de yoga, c’est surtout la manière dont vous pratiquez qui m’intéresse.
Je vous propose ici quelques exercices simples pour prendre conscience de votre respiration et apprendre à mieux réguler votre souffle.
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Connaître une technique est une chose. Savoir quand l’utiliser en est une autre. Je préfère quelques minutes intégrées intelligemment dans la journée à une longue pratique que vous ne ferez jamais.
1. En micro-pauses régulières
Après une longue période devant votre écran, interrompez simplement ce que vous faites pendant quelques minutes. Posez les pieds au sol. Relâchez les mains. Laissez les épaules redescendre.
Et avant même de chercher à modifier votre respiration, observez-la. Est-elle rapide ? Courte ? Fluide ? Avez-vous l’impression de retenir parfois votre souffle ? Cette prise de conscience est déjà une partie de la pratique.
2. Avant un moment stressant
Réunion importante, présentation, échéance ou échange difficile… Évitez si possible de passer directement de votre tâche précédente à ce nouveau moment. Prenez une ou deux minutes.
Vous pouvez simplement allonger et régulariser votre respiration. Vous ne cherchez pas à devenir parfaitement détendu. Vous créez une transition entre deux situations.
3. Lorsque vous sentez que le rythme accélère
Nous avons souvent tendance à attendre d’être complètement débordés avant de nous accorder une pause. Je préfère intervenir plus tôt. Apprenez à reconnaître vos propres signaux :
À ce moment-là, quelques minutes de respiration peuvent servir à interrompre cette dynamique. Elles ne feront pas disparaître votre charge de travail. Elles peuvent en revanche vous permettre d’y revenir différemment.
4. En complément d’exercices de mobilité
C’est probablement l’approche que je préfère. Après plusieurs heures passées dans les mêmes positions, je trouve plus intéressant d’associer mouvement et respiration que de travailler uniquement sur le souffle. Mobiliser les épaules. Bouger la colonne. Ouvrir la poitrine. Changer de position.
Puis laisser progressivement la respiration ralentir.
Le corps n’est pas fait pour rester immobile toute la journée avant de recevoir cinq minutes d’étirements à 18 heures. Remettre régulièrement du mouvement et de la respiration dans la journée me paraît beaucoup plus cohérent. C’est aussi cette approche que j’utilise dans mes cours de yoga en entreprise.
La recherche s’est également intéressée directement aux interventions de yoga réalisées dans le cadre professionnel. Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2020 a analysé six études menées sur le lieu de travail, comparant 266 participants pratiquant le yoga à 221 personnes dans des groupes contrôle.
Les résultats étaient en faveur des interventions de yoga pour diminuer le stress perçu. Les auteurs signalent cependant certaines limites méthodologiques dans les études disponibles et rappellent que des recherches de meilleure qualité restent nécessaires. Il faut garder cette nuance. Une séance de yoga ne va pas supprimer une surcharge de travail, résoudre une organisation dysfonctionnelle ou faire disparaître toutes les sources de stress d’une entreprise.
En revanche, elle peut créer au milieu de la journée un véritable temps de rupture : sortir de son écran, bouger, respirer et ramener l’attention vers son corps. Et je pense que cette capacité à faire une pause avant que toutes les tensions ne s’accumulent est particulièrement importante.
La respiration ne fera pas disparaître une journée difficile, une surcharge de travail ou une situation stressante.
En revanche, elle peut modifier la manière dont votre corps traverse ces moments. C’est pour cela que je ne cherche pas à vous faire respirer « plus fort » ou « plus profondément ». Je préfère vous inviter à observer votre souffle, à reconnaître les moments où il se raccourcit et à apprendre progressivement à le ralentir. Commencez simplement. Quelques minutes suffisent pour pratiquer. Vous n’avez pas besoin d’attendre d’avoir une demi-heure devant vous.
Testez les différentes techniques proposées dans cet article, mais ne cherchez pas celle qui semble la plus complexe ou la plus impressionnante. Gardez celle qui vous permet de respirer plus calmement, sans effort et sans tension. Avec le temps, l’objectif n’est pas de penser constamment à votre respiration. C’est de savoir que, lorsque la pression monte, vous avez cet outil à votre disposition.
Fincham GW, Strauss C, Montero-Marin J, Cavanagh K.
Effect of breathwork on stress and mental health: A meta-analysis of randomised-controlled trials.
Scientific Reports. 2023;13(1):432.
DOI : 10.1038/s41598-022-27247-y
Della Valle E, Palermi S, Aloe I, et al.
Effectiveness of Workplace Yoga Interventions to Reduce Perceived Stress in Employees: A Systematic Review and Meta-Analysis.
Journal of Functional Morphology and Kinesiology. 2020;5(2):33.
DOI : 10.3390/jfmk5020033
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Dans le cobra, je ne cherche pas à monter le plus haut possible. Je préfère répartir l’extension dans toute la colonne et éviter de concentrer l’effort dans le bas du dos.
2 à 3 minutes
Assis sur votre chaise, placez une main sur le ventre. Inspirez lentement en laissant la main se soulever, puis expirez plus longuement que l’inspiration.
Effets :
5 minutes
Inspirez 5 secondes – expirez 5 secondes, pendant 5 minutes. Utilisez un minuteur ou une application si nécessaire.
Effets :
2 minutes
Inspirez 4 secondes → retenez 4 secondes → expirez 4 secondes → retenez 4 secondes.
Effets :
3 minutes
Avec le pouce et l’annulaire, bouchez une narine à la fois et faites circuler la respiration dans un cycle fluide :
gauche → droite → gauche.
Effets :
C’est l’un des pranayamas les plus puissants pour calmer l’esprit.